Le vieil adage « l’habit ne fait pas le moine » est une sagesse populaire bien ancrée. Il suggère que l’apparence extérieure est trompeuse et que l’essence d’une personne se trouve ailleurs. Pourtant, dans nos sociétés, le vêtement reste un langage puissant qui influence la manière dont nous sommes perçus et jugés. C’est précisément cette tension entre apparence et identité que l’artiste plasticien Charbel Coffi explore dans sa série intitulée « L’habit fait le moine ».
À travers une exposition en partenariat avec la marque de mode Rosyne Club, reconnue pour ses créations à forte identité artistique, l’artiste nous invite à questionner ce proverbe. Et si le tissu, la forme ou la couleur portaient une part de notre personalité véritable?

L’habit, un langage social et artistique
Dans nos sociétés modernes, l’apparence est omniprésente. Un costume inspire la confiance, un uniforme impose l’autorité, tandis qu’une tenue jugée « inappropriée » peut susciter le mépris. Le vêtement est un langage social qui nous précède et nous définit avant même que nous ayons parlé.
Dans sa série, Charbel Coffi fait de cet habit un acte artistique. Il peint des portraits où chaque tenue est symbolique, riche en couleurs et en références culturelles. L’artiste raconte des vies et des identités, faisant de chaque vêtement un morceau d’histoire porté sur le corps. Des tenues traditionnelles comme Atchoké ,évoquent la mémoire des ancêtres et un attachement à l’histoire.
L’exposition, pensée comme un dialogue entre art et mode, souligne que le vêtement est bien plus qu’une simple tendance. Il s’agit d’un moyen d’expression, d’un acte personnel, parfois même politique.
Au-delà du tissu, une identité affirmée
Charbel Coffi ne se contente pas de peindre des silhouettes. Il raconte des vies et des appartenances. Pour lui, le vêtement n’est pas un masque, mais une déclaration, un cri doux mais puissant: « Voici qui je suis. Voilà ce que je porte, et ça véhicule un message. »
Son travail artistique confirme que l’apparence, lorsqu’elle est choisie et assumée, peut être l’expression d’une vérité intérieure. Ce n’est pas le vêtement qui crée la personne, mais la personne qui donne un sens au vêtement.
À travers cette exposition unique, Charbel Coffi renverse le proverbe avec une conviction certaine: « L’habit fait le moine, quand il est choisi, habité, assumé. »
La collaboration avec Rosyne Club démontre que cette vision peut s’incarner dans la mode contemporaine, celle qui valorise les identités plurielles et fait du vêtement un miroir de l’âme plutôt qu’un simple masque.
Finalement, dans un monde où l’on regarde souvent avant d’écouter, l’habit devient parfois la première parole de celui qui se tait. L’apparence n’est pas vide de sens; elle peut être un langage visuel et une forme de reconnaissance.
Article écrit pas Christelle Adélou / Crecit Photo : Carlos Sodokpa