Fondateur des Ateliers Coffi, l’artiste autodidacte Charbel Coffi  a eu plusieurs vies avant de s’engager pleinement dans la création : entrepreneur dans le… Lire la suite

Charbel Coffi

Charbel Coffi, né à Cotonou, au Bénin, est un artiste autodidacte dont le parcours créatif s’étend de la construction au sport en passant par le mannequinat avant de se consacrer entièrement aux arts visuels. 

 C’est au début des années 2000 qu’il s’est tourné vers la peinture de manière plus régulière, malgré un intérêt artistique développé très tôt. Sa première exposition publique, organisée il y a trois ans, était une réponse à la crise environnementale, qu’il décrit 

comme « notre destruction de la Maison ». 

En 2021, il a fondé Les Ateliers Coffi à Fidjrossè, un espace combinant galerie, jardin et studio, dédié à la réflexion et à la transmission. Travaillant principalement avec du kaolin, de la latérite et des objets récupérés, Charbel Coffi crée des œuvres richement texturées qui explorent l’urgence écologique, la mémoire culturelle et la résonance spirituelle.

Sa pratique se caractérise par l’utilisation de craquelures et d’une écriture ésotérique aux motifs récurrents qui évoquent l’érosion, le temps et le sens caché. Ces œuvres lui ont valu une place parmi les artistes béninois de premier plan, avec des expositions et des collections à travers l’Afrique, l’Europe et les Amériques.

Charbel Coffi mélange ses prénoms pour former un pseudonyme qui honore à la fois son identité personnelle et artistique. Parallèlement à la peinture, il travaille la sculpture et la photographie, conservant un langage de continuité à travers les médias.

Démarche Artistique

Ma pratique artistique explore l’équilibre fragile entre l’humanité, la Terre et la mémoire culturelle. J’utilise des matériaux naturels et recyclés — kaolin, latérite, sable, pigments — mais aussi des éléments industriels comme l’acrylique pour porter les messages que je reçois.

Ces matériaux me permettent de créer des surfaces texturées, où l’on perçoit l’érosion, les marques laissées par le temps, les effets de la main humaine sur la nature.

Les fissures et les écritures illisibles qui traversent mes œuvres sont à la fois des cicatrices et des langages : elles disent la perte, la fragmentation, mais aussi des couches de sens à déchiffrer.

Ces écritures ne sont jamais planifiées : elles apparaissent spontanément, inspirées par la nature ou une voix intérieure. Chaque œuvre raconte une histoire bien précise. Chacune est un espace de réflexion sur la déconnexion de l’homme et de la Terre, sur nos héritages oubliés, sur l’urgence de se reconnecter à ce qui nous fonde, de nous reconnecter les uns aux autres.

Autodidacte, j’aborde ma pratique avec beaucoup de liberté, mais aussi une grande rigueur. Je crois que l’art peut être à la fois poétique et prophétique. Il peut apaiser, interroger, et inviter à prendre soin de notre planète, de nos cultures, et les uns des autres.